Voilà. Fini, les vacances. On ramène pas mal de trucs.

« Pas mal de trucs. » Il y a cent bouteilles là-dedans !
Et une note de service pour la prochaine fois, à graver dans le marbre : ne pas s’arrêter à l’aire de Tellin. C’est moche, c’est cher, c’est vieillot.
Ce qu’on n’a pas fait cette année
Parce qu’il y en a, et pas des moindres. Roussillon et les ocres. Le Colorado provençal à Rustrel. Les mines de Buoux. Et évidemment Cavaillon, Aix-en-Provence, Avignon, Saint-Rémy-de-Provence, les Baux-de-Provence…
Le Beau de Provence, c’est moi !
Oui, Rémi.
Ce qu’on a trouvé
Et à l’inverse, on repart avec trois nouveaux incontournables, ce qui est beaucoup pour une région qu’on croyait connaître :
- Le Bouchon, à Lourmarin. Les petits plats à partager, le thon-derstruck, le mouhammara. On y retournera.
- Le Domaine du Coffre, à Pertuis. Trois frères, six hectares de vieilles vignes, et une Clé des Sens en blanc comme en rouge.
- Cucuron. Un village qu’on ne se souvenait même pas d’avoir vu, un étang bordé de platanes bicentenaires.
Le petit bilan, par Claudia
Puisqu’on me le demande, voici ce que quinze jours donnent quand on les met en chiffres et en coïncidences.
Les chiffres. Cent bouteilles et onze caisses dans le coffre. Sept cents marches descendues sous terre à l’aven d’Orgnac, sept cent cinquante mètres de sentier à la grotte de la Salamandre, une vingtaine d’étages à Oppède-le-Vieux. Trente-huit degrés au plus chaud, vingt-trois au plus frais. Cent septante ans pour la Bambouseraie, cent quatre-vingt-neuf mille livres à la librairie de Banon, et quatre cents rhums derrière le bar d’Apt.
Attends. Tu as dit « septante » ?
Quinze jours à côté de toi. Il fallait bien que quelque chose finisse par passer.
Le bestiaire. Une salamandre au plafond de la salle de bain, une grotte qui porte son nom, un scorpion très intéressé par un melon, des moustiques tigres partout, une chienne nommée Anouk qui convoitait des amandes de Banon, et Emyl, le chien de l’Intramuros
Et surtout, les fils qui se sont noués tout seuls. On a croisé la famille d’Agoult trois fois sans le savoir : au château de Lourmarin, au château de Gordes, puis à Goult — le village qui a donné son nom à la famille, et qui se trouvait à cinq kilomètres de notre lit. On a déjeuné au Bec Figue en Ardèche le troisième jour, et bu une bière nommée la Fauvette le douzième : le même oiseau, à onze jours d’intervalle. On a mangé une araignée de porc en Ardèche et une pluma dans le Luberon, soit deux morceaux du boucher. On a appris ce qu’était le petit épeautre à Sault, et on l’a retrouvé trois jours plus tard dans un taboulé. On a dormi une semaine dans un domaine qui doit son nom à une verrerie de 1470, et Nath en est repartie avec un collier de verre fondu. Et l’Ardèche du premier jour nous est revenue dans l’assiette au treizième, sous la forme d’une caillette.
Rien de tout cela n’était prévu. C’est simplement ce qui arrive quand on reste assez longtemps au même endroit pour que les choses commencent à se répondre.
Et moi ? Mon bilan à moi ?
Tu as eu raison trois fois en quinze jours, ce qui est un record personnel. Ja oma signifie bien « oui mamy ». Ansouis était bel et bien « en souci ». Et tu as reconnu AC/DC sur une carte de restaurant avant tout le monde.
Ce qui reste
Du vin. De l’huile d’olive. Du vinaigre balsamique. Des savons. Un panier en osier. Des confitures, des amandes grillées, des calissons, des chocolats.
Mis bout à bout, ça raconte le voyage mieux qu’un album photo : l’huile vient du moulin entre Cadenet et Lourmarin, le vinaigre de la maison en face de la chocolaterie de Banon, les amandes et les calissons de la chocolaterie elle-même, les confitures de Robion, les savons du marché du vendredi à Lourmarin, le panier d’un coup de cœur de Nath à la sortie de la Bambouseraie, et le vin de la Verrière et du Coffre. Notre garde-manger est devenu une carte du séjour.
Sauf qu’un garde-manger, ça se vide. D’ici le printemps, il n’en restera plus rien, tout aura été bu, mangé, tartiné ou utilisé.
Il restera une chose.

Un tote bag. C’est le seul souvenir qu’on ait du Bar des Amis, il va devenir collector !
Voilà, c’est tout pour cette fois. Quinze jours entre Cévennes, Ardèche et Luberon, des grottes, des villages perchés, des jardins accrochés au vide, une forêt de bambous qui n’est pas une forêt, un dirigeable dans une caverne, cent bouteilles, deux amoureux et toujours plusieurs voix dans ma tête.
Merci de nous avoir suivis. On espère que vous avez aimé voyager avec nous.
À la prochaine !
I’ll be back !