Jour 6, et déjà on a nos petites habitudes. Lever vers 7h30, café, petit-déjeuner qui se prépare sans se presser. La maison a cette qualité rare de donner envie de ne rien brusquer. Sauf que ce matin, on a eu du spectacle. Deux faisans dans le jardin, qui rejouaient devant nous la bataille de Culloden. En moins spectaculaire, et en moins meurtrier, heureusement, mais ils y mettaient beaucoup de coeur !

Miss Coco se lève vers 8h15, on prend le petit dej (j’ai arrêté le bacon, trop de fumée, et de toute façon, il n’y en a plus, tout est passé dans l’arrabbiata de la veille). On se met en route doucement vers 9h15 vers le Loch Ness, on va en faire le tour aujourd’hui, en espérant voir ce fameux monstre… Voici l’itinéraire :

Ouaiiis, on va voir le monstre du Loch Ness !!
Il y a des endroits qui n’ont pas besoin de se vendre. Le Loch Ness, c’est 37 kilomètres d’eau noire et froide découpés dans les Highlands, encaissés entre deux versants boisés, traversés par une lumière grise qui change toutes les dix minutes. Même sans monstre, ce serait déjà saisissant.
Mais il y a le monstre. Nessie !
Lionel ?
Oh mon Dieu, Lionel Nessie, mais où va-t’il chercher ça !
Nessie fait officiellement partie du paysage depuis 1933, quand un couple local signale avoir aperçu une « énorme créature » agitant la surface du lac. L’histoire atterrit dans les journaux, les journaux atterrissent dans le monde entier, et le mythe est lancé. Depuis, des milliers de témoignages, quelques photos floues devenues célèbres, et une industrie touristique florissante se sont construits autour de cette silhouette hypothétique à long cou.
On commence notre tour du lac par le château d’Urquhart
Et c’est toutes les heures quart?
Rémi est en forme aujourd’hui ! Ce château, on l’a dynamité. En 1692, les troupes britanniques l’ont fait sauter plutôt que de le laisser aux Jacobites. Ce qu’il reste — des murs éventrés, une tour de guet du XVIe siècle encore debout — est pourtant l’un des sites les plus frappants d’Écosse. Perché sur un promontoire qui plonge directement dans le Loch Ness, Urquhart surveille l’eau depuis le XIIe siècle.
Et on comprend pourquoi c’est un site si visité, c’est magnifique, en plus on a du bol niveau temps







Hé…. ya un truc dans le fond là c’est quoi, zoome un peu?

Héééé, c’est lui c’est Lionel, euh… c’est le Messie, euh… Nessie !! Le monstre là, il est là, on l’a trouvé, hééééé
Je crois plutôt que c’est un coup de Claudia moi ! Et tu tombes dans le panneau comme un bleu Rémi !
Hihihi !
Sinon, Rémi, Coco a aussi trouvé un Nessie :

Ca va hein!, C’est bon, moi je suis sûr qu’il existe !
On continue notre route vers le sud du Loch Ness, la petite ville de Fort Augustus. Il y a un canal avec des écluses, c’est animé sans être envahi, joli sans en faire trop. On décide de s’y arrêter pour déjeuner, attablés au soleil avec un menu qui réconcilie tout le monde : quesadillas, panini, burger de poulet. On flâne ensuite le long du canal, le soleil toujours fidèle au poste. Les filles ne résistent pas longtemps à l’appel du marchand de glaces.






On continue notre tour du lac, en remontant sur la rive est, Nath me fait prendre plein de petites rues étroites, des single-track roads avec des passing places
Des … what?
Les single-track roads sont des routes à voie unique où deux véhicules ne peuvent pas se croiser — on doit s’arrêter dans des petits élargissements prévus à cet effet, justement appelés passing places, signalés par des panneaux blancs en losange.
C’est une expérience très typique des Highlands écossais, surtout sur la rive est du Loch Ness (la B862). La règle non écrite : celui qui est le plus proche d’un passing place s’y range, et on se fait toujours un petit signe de la main en passant. C’est l’une des choses les plus « Scotland » qui soit ! 🏴
En remontant, on s’arrête à Dores, un tout petit village, une plage de galets, et un pub avec quelques fauteuils en bois tournés vers le lac. On s’y installe, bière à la main, le Loch Ness s’étire devant nous, calme et sombre. Quelques canards traînent dans les parages





C’est là aussi que vit un personnage très spécial qui est comme Rémi, persuadé que Nessie existe vraiment.
Oui ! Tu parles de Steve Feltham, un personnage absolument savoureux. Il a quitté son travail, sa maison et sa petite amie en Angleterre en 1991 pour s’installer à Dores et chercher Nessie à plein temps. Il vit depuis dans une ancienne camionnette aménagée garée sur la plage — ce qui lui vaut le record Guinness de la plus longue traque continue de Nessie.
Il fabrique et vend de petites figurines de Nessie en argile pour subsister, et passe ses journées à scruter le lac avec ses jumelles.
Le plus savoureux ? Après des décennies de recherche, il a lui-même déclaré en 2015 que Nessie était probablement… une très grande anguille. Ce qui ne l’a pas pour autant convaincu de rentrer chez lui.
Trente ans dans une camionnette pour conclure que c’est une anguille. Moi j’abandonne au bout de dix minutes si ya pas de wifi.
Il n’était pas là mais sa camionnette était bien là


Le tour du lac est bouclé. Nessie nous a fait faux bond. Mais on n’abandonne pas si facilement : on prolonge la journée jusqu’à Chanonry Point, une petite péninsule qui s’avance dans le Moray Firth, réputée pour être le meilleur endroit d’Écosse pour observer des dauphins depuis la terre ferme. La géographie est parfaite, le détroit se resserre juste à cet endroit, les dauphins passent à quelques mètres du bord. En théorie.
En pratique, pas de dauphins non plus. On repart bredouille, et on ne s’attarde pas, le temps a radicalement changé d’humeur en quelques heures. Une dizaine de degrés envolés, le vent qui s’est levé sérieusement. Ca commence à cailler sévère !

Voici le seul animal étrange repéré sur place :

En rentrant, on tombe sur d’autres animaux

Ca donne faim tout ça, un petit gigot d’agneau ?
Tu es horrible Rémi ! D’abord un petit apéro avec un gin acheté à Urquhart ce matin et le repas du soir, curry de poulet, riz.

Journée bien chargée aujourd’hui, mais sans doute une des plus belles depuis le début de cette aventure écossaise.
Mwouais, c’était pas trop mal, mais bon, on n’a vu ni monstres ni dauphins, juste des faisans, des canards et des moutons, moi, je suis quand même un peu déçu !
Bonne nuit les amis !